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Maman Blues: une association pour guérir du mal de mère…

Maman Blues logoRencontre avec Cécile Croquin, coordinatrice de Maman Blues, une association qui soutient toutes celles pour qui la maternité ne va pas de soi. Lieu d’échanges, de discussions. Lieu de vie. Allez visiter leur site, et leur forum, une vraie mine d’or d’informations et de messages déculpabilisants. Un site ô combien précieux dans une société qui ferme encore les yeux sur un tabou pourtant bien réel : la difficulté maternelle.

« La maternité est un vrai cheminement. On ne devient pas mère juste en accouchant ! Il y a un parcours psychique nécessaire, différent pour chacune. Et imprévisible…

Aujourd’hui, il existe une pression énorme autour de la maternité. On fantasme sur le bébé idéal, mais aussi sur la grossesse parfaite, l’accouchement inoubliable. Il y a énormément d’attentes et, donc, de déceptions.
A Maman Blues, nous cherchons à soutenir et déculpabiliser des mères en souffrance. Nos adhérentes sont des trentenaires, venant de milieux plutôt aisés… Et qui auraient tout pour être « comblées » ! Mais qui, bien souvent, cachent leurs difficultés à tout leur entourage, honteuses de ne pas y arriver.

Le fantasme de l’idéal n’a jamais été aussi fort. Du coup, c’est le sentiment d’échec qui prédomine pour ces mères débutantes (ou pas!) qui angoissent face à un instinct maternel qui ne surgit pas dès la salle d’accouchement, qui sont épuisées, isolées dans leur mal-être.

J’ai moi-même connu cette détresse lors de l’arrivée de mon premier fils. L’accouchement s’était très bien passé, mon bébé était magnifique. Et pourtant, deux jours après sa naissance, face aux pleurs en continu de mon enfant, j’ai été saisie : un trou s’est ouvert sous mes pieds ! J’ai commencé à angoisser, à me sentir vulnérable, impuissante pour consoler ce petit être qui dépendait entièrement de moi. Seul l’allaitement se passait sans problème, mais c’était un emprisonnement, cela prolongeait ce lien exclusif qui me donnait le vertige. J’ai arrêté de dormir. Et, pendant plus de neuf mois, j’ai vécu dans une fatigue extrême. Je me souviens avoir pensé plusieurs fois : « Je vais crever ! ». Mon fils me prenait toute mon énergie, il me dévorait.

Lorsque mon mari a pris sa place de père (qu’inconsciemment, j’avais eu tant de mal à lui donner), les choses se sont enfin apaisés.
Enceinte de mon second fils, j’ai eu peur de retrouver ces souffrances. J’ai tapé « baby blues » sur Google et suis tombée sur le site de Maman Blues. En découvrant les témoignages d’autres mères, j’ai eu un choc : je me suis lue ! Et cela m’a sauvée. D’un coup, je réalisais que je n’étais pas seule. Que d’autres pouvaient éprouver cette détresse. Et j’ai pu mettre des mots sur ce que j’avais vécu pendant trois ans : la difficulté maternelle.

Aujourd’hui, je travaille pour cette association, en tant que bénévole, car je veux aider d’autres femmes, d’autres mères, à s’en sortir. C’est tellement terrible cet isolement, on souffre sans pouvoir se confier, par peur, par honte. Et les conjoints eux-mêmes sont dépassés. Je sais, pour y être passée, que, si j’avais seulement su que cela existait, je n’aurais pas tout pris sur moi au prix d’une angoisse et d’une fatigue extrêmes que j’ai mis des années à récupérer…

Notre combat, à Maman Blues, est d’informer, d’aiguiller (en donnant des adresses, en MP, des conseils…). Mais, aussi, d’alerter. On manque cruellement de prévention. Il faudrait pouvoir intervenir pendant la grossesse, accompagner les futures mamans vers l’inconnu de la maternité.

Nous sommes de plus en plus en présents sur les sites institutionnels, dans les PMI, sur Allo Parents bébé. Il y a 80 000 femmes en difficultés chaque année (10% des 800 000 accouchements annuels). Mais cela reste encore tellement tabou en France… Alors qu’il suffit parfois d’échanger, de contourner la difficulté pour reprendre confiance, trouver ses marques, tisser le lien.
Pour mon second fils, deux heures après l’accouchement, j’ai expérimenté l’écharpe de portage. Mon bébé s’est endormi instantanément. Une belle victoire qui m’a donné confiance, permis d’être, très vite, sereine et de ne pas me sentir en échec dès les premiers instants de vie de mon enfant. Il n’y pas de recettes, c’est même tout le contraire ! A Maman Blues, nous sommes des anti Ayatollahs ! L’allaitement, c’est formidable tant que la maman le vit bien. Pareil pour le reste, il n’y a pas de lois, à chacune de trouver ce qui lui convient pour s’épanouir, créer la maternité qui lui ressemble…

L’excellent film « L’étranger en moi », réalisée par Emily Atef, évoque la dépression post-natale d’une jeune femme, Rebecca. On assiste à sa détresse et à l’incompréhension de son entourage. Rebecca fait une thérapie pour apprendre à construire le lien mère-enfant, et c’est à travers le massage de son bébé qu’elle commence à trouver ses premiers gestes de maman.
A Maman Blues, nous ne prônons pas de vérités, mais nous aidons à trouver les outils, des directions, pour avancer et sortir de cette détresse.

A l’association, nous savons que notre message est essentiel et qu’il commence à se faire entendre. »

Site de Maman Blues
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Site d’Allo parents bébé

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